Communiqué de presse – ELB
PLAN D’URGENCE FACE À LA CRISE CLIMATIQUE : LES PAYSAN·NES LAISSÉ·ES POUR COMPTE

Ainiza, le 7 septembre 2026
La ministre de l’agriculture Annie Gennevard a annoncé vendredi dernier son « plan climat, adaptation, sécheresse, incendies ». Si les 1,2 millards annoncés peuvent sembler élevés, ce montant est en réalité très faible face à l’ampleur de la crise ! En 2022, le même montant était débloqué pendant la grippe aviaire, pour venir en aide d’une seule filière !
Parmi ce plan, proche de la moitié est en réalité un dispositif déjà en place et actionnable en temps de crise, l’Indemnité de solidarité nationale. Alors que 82 % des paysan·nes ne sont pas assuré·es et ne peuvent donc bénéficier de l’indemnité qu’à partir de 50 % de perte de production (un chiffre quasiment impossible à atteindre) pour une indemnisation dérisoire de 28 % des pertes, ELB et la Confédération paysanne demandaient que les seuils de l’ISN soient abaissés pour se déclencher à partir de 30 % de pertes pour toutes les filières, avec un taux identique aux assuré·es. Le ministère laisse donc 4 ferme sur 5 sur le carreau !
Les autres mesures classiques de soutien aux trésoreries ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. L’enveloppe pour la prise en charge des cotisations MSA atteint seulement 20 millions d’euros ! Celle affectée au dégrèvement de la Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) est mieux dotée (330 M€), mais cet argent tombe dans la poche des propriétaires fonciers, sans garantie qu’ils le reversent aux fermiers locataires. Pour rappel, en France, 51% des terres sont en fermage.
La seule mesure nouvelle est un « fonds de réarmement agricole » (235 M€), fléché notamment pour l’approvisionnement en intrants (aliment, fourrage, plants, etc), dont nous ne connaissons pas encore la méthode de répartition et de mise en œuvre, qui sera piloté par les préfectures. ELB souligne qu’une juste répartition doit impérativement être appliquée entre les fermes impactées face à cette situation dramatique. Nous y seront attentifs·ves. Ce dispositif témoigne de l’urgence d’une politique agricole ambitieuse et globale d’adaptation aux dérèglements climatiques en cours.
Nous réitérons notre demande qu’une aide directe de 5000 euros par actif impacté par la crise soit versée sous forme de subvention, alors que les dégâts de la sécheresse et des canicules sont catastrophiques.
Il est impératif de repenser globalement notre système face à la multiplication des crises climatiques. Nous proposons depuis maintenant des années la création d’un fonds professionnel mutualisé et solidaire, accessible à toutes les fermes, auquel cotisent tous les maillions de la chaîne agro-alimentaire. À elle seule tous les ans, la grande distribution capte 1 millard d’euros de surmarge. Alors que 8 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire, il est impératif de mener une politique de justice sociale en France et de faire payer les responsables de la crise climatique (grandes entreprises réalisant des superprofits grâce aux énergies fossiles, très hauts patrimoines forts émetteurs de carbone).
