lehen tituluak – à la une cette semaine

Elikartasuna, elikadura denentzat

Alors que 16% de la population française ne mange pas librement, des citoyen·nes s’organisent pour mettre en
place une solidarité alimentaire sur le modèle de la Sécurité Sociale. Dans cette lancée, Elikartasuna, la caisse locale de l’alimentation basée à Urrugne, invite les paysan·nes et cotisant·es à rejoindre la démarche d’une alimentation locale accessible à tous·tes.

Articles :

  • Alimentation : la sécurité sociale alimentaire comme outil de convergence
  • Fruits et légumes : la dépendance au réseau d’eau

Noémie Pallares – « Je produis de façon très diversifiée »

Mintzaleku

artikuluak – articles

gazteen hitza

Kasu ardiak -eta laborariak- kexu

En agriculture, on arrive tous par des chemins différents. Il y a ceux pour qui c’est une évidence, une passion qui ne les a jamais quittés. D’autres qui ne savaient pas trop quoi faire d’autre et qui ont vu dans l’agriculture une voie possible, un métier où on se sent utile. Puis il y a ceux qui arrivent là par obligation, pour reprendre la ferme familiale, pour éviter que le patrimoine disparaisse ou pour aider leur conjoint·e.
On se reconnaît tous un peu dans l’un de ces parcours. Au fond, la vraie question qu’on devrait se poser est : qu’est-ce qu’on cherche vraiment dans notre métier ? Du temps ? Du sens ? De la liberté ? De la stabilité ? Ou simplement la satisfaction de faire du bon ?
S’installer, continuer ou arrêter, ce n’est pas juste une question de technique. C’est un rythme de vie, un système qui nous suit pendant des années. Et ce système bouge. C’est là qu’on devrait aussi apprendre à arrêter de se juger entre nous. On pointe trop vite du doigt celui qui fait différemment : celui qui produit plus, celui qui produit moins, celui qui mécanise, celui qui veut plus de temps libre, celui qui passe en bio, celui qui en sort, celui qui veut changer de voie. Comme si ne pas faire pareil voulait dire être dans le faux.
Mais on ne connaît jamais toute l’histoire. On ne sait pas ce que l’autre vit, ce que son corps supporte, ce que sa famille traverse, ce que son esprit encaisse. On ne sait pas ce qu’il cherche, ce qu’il fuit ou espère.
Il n’y a pas un modèle parfait. Il y a le modèle qui nous correspond au moment où on est dans notre vie. Alors oui, c’est important de se poser les bonnes questions : est-ce que notre système nous correspond aujourd’hui ? Parce qu’on change. Nos priorités, nos familles, nos envies changent.
Être agriculteur, ce n’est pas se hacher au travail. C’est trouver un équilibre entre ce qu’on produit, ce qu’on vit, et ce qu’on veut devenir. Et parfois, tout commence par une réflexion simple : “Qu’est-ce qu’on veut pour la suite ? Pour nos vies, notre santé, nos familles ?”
Pour moi c’est en se posant cette question à chaque tournant de nos vies qu’on avance, et que l’on comprend les autres sans les juger.
Gazteen Hitza, X.B.

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