Ossau-Irati sormarka

AOP Ossau-Iraty : un esprit d’apaisement
Ossau-Irati sormarkako biltzar nagusia giro lasaian iragan da urriaren 15an.
Administrazio kontseiluak lanketa hasi berri du ondoko urratsak argitzeko.
L’assemblée de l’AOP Ossau-Iraty se sera tenue dans le calme le 15 octobre dernier, devant une administration française représentée en nombre, avec la présence notamment du préfet Simon Fetet et de Nathalie Vitrat, sous-préfète d’Oloron Sainte-Marie, preuve que la filière est un enjeu majeur pour l’État. Si le syndicat a pu connaître une période plus houleuse, le mot était à l’apaisement cette année, et cela s’est fait ressentir. “En tant qu’éleveur, 2026 aura été une année difficile, qui nous oblige à anticiper les difficultés de la prochaine campagne laitière, mais en tant que président, je retiendrai une année marquée par des réflexions collectives importantes, menées dans un esprit d’écoute et d’apaisement” a introduit Sébastien Astabie, président de l’AOP. Le travail de discussion entamé par le Conseil d’administration depuis l’année dernière a permis la mise en place d’une réflexion, accompagnée par un cabinet extérieur, pour trouver des objectifs partagés par tous les représentants de l’Ossau Iraty. “Je crois que cette capacité à nous écouter, à confronter nos points de vue et à rechercher des solutions communes sera essentielle pour la suite.”
Une année particulière
“Cette année aura été particulière. Le changement climatique ne nous a pas épargnés. Nous n’avions jusqu’à présent jamais connu une sécheresse aussi longue et aussi intense.” Les mots du président ont d’abord posé le cadre d’une année particulière pour la filière. Les conditions climatiques ont mis à l’épreuve l’ensemble de la profession agricole et laissent présager encore de longs mois pour les fermes qui devront faire face au manque de fourrages et aux prix qui explosent. “Ces événements nous interrogent collectivement sur notre capacité à nous adapter, à anticiper et à préparer l’avenir de notre appellation Ossau-Iraty dans un contexte qui nous paraît de plus en plus incertain”, a commenté Sébastien Astabie.
Mais pour le paysan, “l’enjeu n’est pas simplement de produire davantage. Il est aussi de réussir à valoriser notre fromage et le travail de tous ceux qui contribuent à sa fabrication”. Si les acteurs de la filière peuvent se réjouir d’une reprise de la production laitière sur la campagne 2026, malgré un contexte économiquement difficile, les chiffres d’une étude de la Chambre d’agriculture du département sur l’évolution d’un échantillon de 69 livreurs en race locale de 2021 à 2025 a dressé le constat de structures d’élevage qui dégagent moins de revenus que les autres filières, notamment du fait de charges courantes d’exploitation qui ne cessent d’augmenter. Un tableau classant les exploitations suivant leur efficacité économique a également été présenté, mais ces chiffres ne permettent pas de dresser une typologie de ferme spécifique. Cette dispersion des données et l’impossibilité d’en déduire quel système de production est économiquement performant est un constat récurrent. Il indique aussi qu’il serait temps de trouver d’autres solutions, ou de lire les données d’une façon différente, comme il a été proposé lors de l’assemblée. La possibilité de comparer les fermes en fonction de leur surface, seul critère sur lequel le paysan ne peut influer, serait effectivement une approche intéressante pour voir pourquoi certains systèmes fonctionnent et d’autres moins.
Des discussions
En 2026, l’avenir de la filière aura occupé une place importante dans les travaux du syndicat. Après l’élection du nouveau bureau l’automne dernier, le conseil d’administration a engagé une démarche afin de construire “une stratégie collective partagée par l’ensemble des acteurs de l’Ossau-Iraty”. Ce travail sur cinq journées a débuté en septembre et doit ainsi conduire à une feuille de route pour l’année prochaine. Les premiers échanges ont porté sur les attentes des consommateur·ices, la rémunération des producteur·ices et les conséquences du changement climatique sur la filière. “L’objectif est maintenant de poursuivre cette réflexion pour mieux identifier nos forces, nos faiblesses et les défis qui nous attendent, afin de définir ensemble les priorités pour les années à venir” a expliqué le président du syndicat Sébastien Astabie. Si les enjeux sont pour l’heure partagés, il reste encore deux journées de travail, et de nombreux débats sont encore à mener.
Des perspectives
Les orientations pour 2027 ont aussi porté sur l’intention de renforcer les efforts en matière de promotion afin de dynamiser les ventes. Une vidéo diffusée en fin d’assemblée présentait les moyens mis en place par Savoicime, Organisme de Gestion et de Défense des fromages de Savoie IGP, pour travailler sur la diffusion et la vente des fromages de leur filière. Le suivi de leurs ventes permet un regard presque tous les mois sur ce que font les entreprises et leurs chiffres de vente. Une méthode jugée intéressante par l’assemblée, qui mériterait d’être observée pour connaître aussi les chiffres en aval pour l’Ossau-Iraty.
