BEHI TALDEA
« NOUS TRANSFORMONS NOTRE INDIGNATION EN ACTION »

Ugo Arbelbidek ELBko Behi Taldean parte hartzen du.
Komisioak eramaiten duen lana aipatzen du, bereziki sanitario krisi garai horretan.
Behi Taldea est composé d’une vingtaine de paysan·nes, réparti·es sur tout le Pays Basque. Il y a des éleveurs·ses de vaches allaitantes, de vaches laitières, avec des petits troupeaux, des grands troupeaux, certain·es en vente directe, d’autres en circuit long… En bref, des paysan·nes qui représentent la diversité des élevages du Pays Basque et qui partagent un même constat : la politique sanitaire actuelle met en danger les élevages. Ugo Arbelbide, éleveur de Blondes d’Aquitaine à Hélette et membre de Behi Taldea revient sur le travail mené par la commission.
Quel est le travail mené par Behi Taldea actuellement ?
La priorité de la commission bovine est de travailler sur des solutions plus acceptables au protocole actuel d’abattage total systématique, qui est une mesure injuste, inhumaine et inefficace. Sur la tuberculose bovine, après de nombreux mois de lutte sur le terrain et de multiples rendez-vous avec le Ministère, nous avons obtenu l’assouplissement du protocole d’abattage sélectif, au bénéfice de tout les éleveur·ses. Nous souhaitons faire la même chose sur la DNC. Behi Taldea se mobilise également face au Mercosur : proposition aux mairies de signer un manifeste contre ce traité, appel aux paysan·nes à une campagne d’affichage au bord des routes afin de sensibiliser les citoyen·nes, participation à plusieurs blocages…
Enfin, pour faire face aux multiples maladies, il nous paraît indispensable de renforcer l’immunité de nos animaux et de sensibiliser les éleveur·ses à cette nécessité. Ainsi, à l’automne dernier, Behi Taldea a été à l’initiative d’une formation sur les liens entre immunité et tuberculose. La semaine dernière, une autre réunion a été organisée sur la DNC : l’immunité faisait partie des sujets abordés.
Pourquoi est-il important de se mobiliser et de militer ?
Il est important de se mobiliser car si l’on ne fait rien, nous, éleveur·ses de bovins, nous ne pourrons plus exister. L’injustice des abattages provoque beaucoup de colère. Collectivement, nous transformons notre indignation en action pour faire bouger les lignes. Certes, cela prend un peu de temps sur notre travail, mais c’est la survie de nos vaches qui est en jeu. J’invite toutes les personnes se sentant concernées et prêtes à s’impliquer à se rapprocher de nous ; Behi Taldea est un groupe ouvert !
Quelle est ton analyse des politiques sanitaires ?
Aujourd’hui, le système économique définit le système sanitaire. L’enjeu financier de l’export est tellement important qu’il impose une politique d’éradication des maladies, afin de conserver le statut national “indemne” qui facilite les échanges commerciaux, sans regarder les conséquences pour les élevages. Remettre en question ce système, c’est remettre en question des politiques vieilles de 50 ans : le monde a évolué ces dernières décennies, mais pas les stratégies ! Nous avons besoin de nous rendre moins dépendant·es de l’export et donc de relocaliser la filière bovine. Au Pays Basque, nous avons la chance d’avoir plusieurs abattoirs, des salles de transformation, la filière Herriko Haragia qui recherche des éleveur·ses. Ces solutions alternatives sont déjà opérationnelles.
Et vis-à-vis de la DNC ?
L’État a basé sa stratégie sur trois piliers : l’abattage total, la vaccination et l’interdiction des mouvements. Factuellement, on remarque que l’euthanasie n’empêche pas la propagation de la maladie et que l’interdiction des mouvements ne peut pas être assurée à 100 %. Cette réalité doit être prise en compte pour ajuster la doctrine sanitaire : elle ne doit pas être efficace sur le papier, mais dans la réalité.
J’ajouterai que la politique sanitaire serait moins critiquée si elle était débattue dans un cadre démocratique, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
« La politique sanitaire serait moins critiquée si elle était débattue dans un cadre démocratique. »
Que penses-tu de l’obligation vaccinale ?
L’une des revendications de Behi Taldea était l’accès au vaccin pour les éleveur·ses volontaires. Avec l’arrivée de la DNC dans les Hautes-Pyrénées, l’État a rendu obligatoire la vaccination pour atteindre l’immunité collective le plus rapidement possible.
ELB défendant la liberté et l’autonomie des éleveur·ses, cette obligation ne nous plaît pas. Il a fallu se positionner. Avec l’urgence actuelle de protéger nos vaches et pour se donner une chance d’obtenir un protocole alternatif à l’abattage total, Behi Taldea soutient, cette année, un protocole intégrant la vaccination, en continuant de revendiquer qu’un travail massif de recherche doit être mené sur l’immunité.
