DNC
SALLE COMBLE POUR LA
RÉUNION PUBLIQUE DNC

Betea zen DNCri buruzko bilkura, ELBko Behi Taldeak antolaturik.
Krisi sanitario horrekin, jendea jin zen kezkak partekatzera.
C’est dans une salle pleine que s’est déroulée une réunion d’information sur la DNC, jeudi 15 janvier, à Ainhice-Mongelos. À l’initiative de la commission bovine d’ELB, les paysan·nes se sont réuni·es afin d’échanger leurs interrogations face à la crise sanitaire sans précédent qui sévit dans les élevages bovins. Le vétérinaire retraité Philippe Labre, connu au Pays Basque pour avoir participé notamment avec BLE à plusieurs formations sur l’immunité animale, est revenu sur le fonctionnement du vaccin mais aussi sur les alternatives et compléments dans la stimulation de l’immunité des bovins. Par la suite, l’éleveur Guillaume Husson, installé dans les Pyrénées-Orientales, a apporté son témoignage sur la question de l’abattage des animaux. Ce dernier, deuxième foyer de son territoire, a subi l’abattage de 18 de ses vaches l’automne dernier, résultat d’un protocole sanitaire déconnecté des réalités paysannes.
La soirée a ainsi été sous le signe de l’entraide et de la communication entre les paysan·nes, qui ont trouvé des oreilles attentives aux inquiétudes ambiantes.
Obligation vaccinale
Si l’accès au vaccin a été une revendication syndicale portée par ELB, l’obligation vaccinale imposée par l’administration a été son pendant. Ce temps collectif a ainsi permis d’évoquer la question des effets secondaires et des conséquences de la vaccination. Dans le cas de la DNC, il s’agit d’un vaccin à virus atténué, soit un virus vivant sélectionné et modifié en laboratoire afin qu’il ait une virulence faible à l’injection, et qu’il garde sa capacité à stimuler des anticorps. Dans ce cas, les risques de pathologies sont faibles mais valent des effets secondaires. “Les animaux peuvent être perturbés par l’injection du virus et s’en défendent, c’est là que peuvent apparaître des dits “effets secondaires” à la vaccination qui présentent des similitudes avec les symptômes de la maladie” a expliqué l’ex-vétérinaire.
“Faut-il vacciner ?” les plus réticent·es ont eu l’occasion d’émettre leurs réserves quant à la vaccination de leurs vaches. Pour celles et ceux qui l’on fait, ce n’est pas non plus de gaité de coeur, le vétérinaire parfois déjà sur place ayant laissé peu de chance au doute. “En épidémiologie, on considère que quand plus de 80% des animaux – ou des humains d’ailleurs – ont des anticorps contre une pathologie, il y a un effet de barrière immunitaire et la maladie ne va plus circuler.” On parle d’une immunité qui commence d’ailleurs à être assez solide qu’à partir de 15 jours après la vaccination, donc une immunité qui n’est pas immédiate. Sur les risques d’avortements et d’infertilité dus à la vaccination, Guillaume Husson a rapporté qu’avec des vaches gestantes au moment de la vaccination, il n’a pas eu connaissance de cas d’avortement.
S’il ne pense pas que l’on peut prévenir de la DNC avec de l’homéopathie, le vétérinaire retraité considère que l’on peut diminuer les réactions vaccinales en stimulant l’immunité de l’animal : sulfures 9CH en prévention avant le vaccin, ou encore Belladona et Apis melifica en cas de réactions.
Déclasser la maladie
Pour Guillaume Husson, la question est surtout celle de la gestion politique de la situation sanitaire. “Les syndicats qui ont l’habitude de ne pas prôner la vaccination aujourd’hui le font parce qu’on est dans ce contexte particulier qui fait que si on a un cas qui se déclare, c’est le couperet qui tombe. […] Si on n’avait pas cette politique d’abattage total, je pense que l’on réfléchirait complètement différemment.” À l’unisson, les intervenants de la soirée ont affirmé que la solution majeure à la révision du protocole sanitaire actuel serait la déclassification de la DNC de la catégorie A au niveau européen. Dans sa catégorie se trouvent également la grippe aviaire ou encore la peste porcine, qui emportent “éradication obligatoire” et donc “dépeuplement immédiat”.
« Si on n’avait pas cette politique d’abattage total, je pense que l’on réfléchirait complètement différemment. »
Guillaume Husson
Sur ce volet, la Conf’ y travaille et a notamment rencontré des fonctionnaires de l’UE. Avec une porte plutôt fermée de ce côté-là, “il est important de maintenir la pression” a soutenu Ugo Arbelbide de Behi Taldea. “Pour cela, les mobilisations sont importantes.”
