DNC
CHRONOLOGIE D’UNE RÉSISTANCE

Joan den abendutik, ELB borrokan da DNC kudeatzeko metodo onartezinak salatzeko.
Besteak beste, hiltze orokorraren kontra ari da.
Ces derniers mois, les paysan·nes doivent faire face à une politique sanitaire inefficace et inhumaine : abattage total, répression policière… Le syndicat ELB se bat pour dénoncer des méthodes inacceptables de gestion de la DNC par l’administration. Les paysan·nes sont déterminé·es à maintenir la pression “contre cette politique sanitaire désastreuse et contre le massacre de nos animaux sains”. Chronologie d’une résistance face au massacre des vaches et au dépeuplement paysan.
29 octobre : rencontre avec le sous-préfet et la DDPP
Depuis l’apparition du premier foyer DNC le 23 juin 2025, la situation sanitaire n’a cessé de se
dégrader. ELB tire la sonnette d’alarme face à la menace qui gronde. Après avoir interpellé le préfet par courrier pour exprimer ses inquiétudes et ses premières revendications, une délégation du syndicat a rencontré le sous-préfet et la directrice de la DDPP à Lohitzun. L’objectif : alerter pour ne pas subir et exiger une anticipation immédiate face à la progression de la DNC.
“Une autre politique sanitaire est possible : nous ne nous laisserons pas faire si la DNC devait toucher une de nos fermes.”
Julen Perez
4 décembre 2025 : l’étincelle
Suite à l’abattage de 82 bovins dans le Doubs et de la violente répression policière contre les éleveur·ses venu·es défendre le troupeau, les paysan·nes d’Iparralde sont sous le choc. ELB appelle à se mobiliser à Saint-Palais d’abord devant la gendarmerie pour dénoncer les violences, puis devant l’antenne de la Chambre d’Agriculture pour dénoncer le vote de la FDSEA et des JA contre une motion demandant l’arrêt de l’abattage total.“À quand une chambre qui défend les éleveur·ses ?” a interrogé le syndicat.
11 décembre : mobilisation de nuit
La tension monte d’un cran. En Ariège, 208 vaches sont abattues et la violence policière contre les manifestant·es est sans précédent. “Dans le Doubs nous avons été surpris·es, en Ariège nous avons été choqué·es” déclare Enguerrand Knecht membre de Behi Taldea. Alors qu’au même moment un autre foyer était confirmé dans les Hautes-Pyrénées, plaçant 129 communes des Pyrénées-Atlantiques en zone dite “réglementée”, l’État s’obstine, malgré l’inefficacité flagrante d’un protocole qui n’empêche pas l’apparition de nouveaux foyers. À l’appel d’ELB, plus de 200 paysan·nes se sont de nouveau mobilisé·es devant la gendarmerie de Saint-Palais, allumant un feu à l’aide de bottes de paille, symbole de la profession mise à feu et à sang par l’État. Julen Perez, porte-parole du syndicat, a affirmé qu’ “une autre politique sanitaire est possible : nous ne nous laisserons pas faire si la DNC devait toucher une de nos fermes”.
12 décembre : la vaccination
Face à la maladie, ELB a milité pour un accès large et pour la liberté de tous·tes les paysan·nes de pouvoir vacciner gratuitement leurs troupeaux, alors que le vaccin n’était accessible que dans les zones foyers. La préfecture a mis en place une vaccination massive et obligatoire sur la totalité du département à la mi-décembre. L’objectif : atteindre une immunité vaccinale de 75% des bovins dans 95 % des cheptels, condition pour la révision du protocole de gestion sanitaire. En attendant, l’abattage total est toujours de mise, planant tel une épée de Damoclès au-dessus de la tête des éleveur·ses. Si ELB défend la liberté de choix de tous·tes, l’accès à la vaccination était une carte importante à jouer face à la radicalité de l’État et de l’administration afin de négocier la fin de l’abattage total.
13 décembre : blocage de l’A64
Le ton se durcit du côté des syndicats agricoles. ELB et la Coordination Rurale appellent les
paysan·nes à bloquer l’A64 à Urt afin de visibiliser la lutte contre le protocole d’abattage total toujours en vigueur. Dans les villages, le slogan “MASAKREARI STOP” devient de plus en plus visible et continue de sensibiliser les citoyen·nes.
15 décembre : face au préfet
ELB et la Confédération Paysanne du Béarn rencontrent le préfet des Pyrénées-Atlantiques Jean-
Marie Girier à Pau. Sous les fenêtres de la préfecture, un collectif de paysan·nes basques et béarnais·es est mobilisé pour donner corps aux revendications syndicales. L’objectif de l’échange est clair, les syndicats exigent :
- L’arrêt immédiat de la politique d’abattage total,
- Le déclassement de la maladie de la catégorie A au niveau de l’Union européenne,
- L’expérimentation dans toutes les fermes qui seront sous APMS puis APDI avec l’isolement des bovins avec un test PCR positif sans symptômes graves avérés,
- Des aides financières et un soutien psychologique et humain pour tous·tes les éleveur·ses et leur famille. ELB prévient : “nous resterons mobilisé·es et maintiendrons la pression”.
23 décembre : ELB lève le blocage et maintient la pression
Après dix jours d’occupation sans relâche sur l’autoroute, les dernières annonces du ministère ne témoignent d’aucune évolution dans la stratégie sanitaire.
Alors que les administrations vont se mettre à l’arrêt pendant quelques jours, ELB décide de lever le blocage pour que les paysan·nes reprennent des forces et puissent se mobiliser en cas d’annonce d’un abattage total sur une ferme. Ils et elles préviennent : “Gure etxaldeak ez hunki”. Parallèlement, Behi Taldea adresse un courrier au préfet demandant l’anticipation et la mise en place d’une aide financière afin de soutenir les fermes qui auraient à subir les conséquences économiques inhérentes à la vaccination. Concernant les effets secondaires de la vaccination, la vigilance est totale.
Janvier 2026 : Une rentrée agitée
Alors que la vaccination bat son plein, l’approbation de l’accord UE-MERCOSUR par les États membres de l’UE suscite une grande colère. L’État français et l’Europe multiplient les attaques
contre le monde paysan. Le lundi 12 janvier, ELB, les Confédérations paysannes des Landes et du
Béarn et le MODEF Landes appellent à une mobilisation intersyndicale. Une trentaine de tracteurs et 200 manifestant·es bloquent les entrées de l’entreprise Maïsica au port de Bayonne avec pour mot d’ordre “DNC – MERCOSUR : STOP À CES POLITIQUES MORTIFÈRES”, dénonçant le cumul récent de politiques dangereuses et destructrices pour l’agriculture, l’environnement et la santé humaine, et au service de l’agroindustrie. Les paysan·nes d’ELB rappellent à cette occasion que 66 communes d’Iparralde ont signé leur manifeste contre l’accord le plus controversé de l’histoire de l’Union européenne, et ont accroché à leurs entrée un panneau “commune hors MERCOSUR-tik kanpoko herria”. Pour cette nouvelle année 2026, le ton est donné : “Nous ne lâcherons rien tant que l’État ne lèvera pas l’abattage total sur les foyers DNC.”
Et maintenant ?
La commission bovine d’ELB suit activement les réunions en présentiel ou en visio de la préfecture afin de connaître et suivre de près les évolutions de la maladie ainsi que les dernières annonces concernant la gestion politique sanitaire. Éleveur·ses, n’hésitez pas à entrer en contact avec les membres de Behi Taldea pour des renseignements ou partager vos inquiétudes sur le sujet.
Les derniers chiffres
Avec la campagne de vaccination obligatoire qui a débuté depuis désormais un mois, la préfecture communique les chiffres de son avancée semaine par semaine. Au 17 janvier, elle annonçait que 90% des bovins étaient vaccinés dans les Pyrénées-Atlantiques.
Les chiffres annoncés :
– En zone réglementée : 33 838 bovins ont été vaccinés,
– En zone vaccinale : 151 892 bovins ont été vaccinés,
– Au total, 185 730 bovins ont été vaccinés.
– 48 % d’entre d’eux ont atteint l’immunité au 17 janvier.
Sur la question de la protection vaccinale et de l’immunité collective, emportant la possibilité de révision du protocole sanitaire actuelle, la préfecture annonce : “Alors que la protection vaccinale devient pleinement effective environ 21 jours après la vaccination, l’immunité collective sera atteinte lorsque 75 % des bovins seront vaccinés depuis plus de 28 jours dans 95 % des cheptels.”
