Tuberculose bovine
PIÉGER POUR SE PROTÉGER DES MALADIES

Tuberkulosia duten azkonarren kasu positibo ainitzekin,
ELBk formakuntza antolatzen zuen eritasunaren kontrolan zepoen inportantzia aipatzeko.
Si la DNC a récemment capté toute l’attention sanitaire et médiatique, la tuberculose bovine reste une menace bien réelle sur notre territoire, particulièrement en Soule. Le 11 mars, la commission bovine d’ELB organisait une journée d’échange à Domezain avec Benoit Soulat, président de l’association des piégeurs des Pyrénées-Atlantiques, pour rappeler l’importance du piégeage dans la maîtrise de l’épidémie. “Notre ambition pour les éleveurs est de réduire la pression infectieuse exercée par la faune sauvage dans les zones à forte densité d’élevages bovins et de limiter les risques de transmission inter-espèces” a-t-il déclaré à cette occasion.
Un bilan 2025 alarmant
Le dernier Comité de Pilotage élargi (COPIL) du 12 février, tenu par le préfet et la DDPP, a été sans appel : 24 foyers de tuberculose bovine ont été détectés en 2025. C’est du côté de la faune sauvage que les chiffres inquiètent le plus. Dans le cadre du dispositif SYLVATUB, 944 blaireaux ont été piégés et analysés l’an dernier. Les résultats sont alarmants : 100 d’entre eux étaient porteurs de la bactérie Mycobacterium bovis. Cette explosion des cas chez les blaireaux confirme une circulation active de la maladie aux abords des fermes. Comme le souligne Benoit Soulat : “Tous les mammifères peuvent être touchés. 14 renards ont également été testés positifs dans Les Landes en 2024 et 2025”, mais aucun dans notre département. Pourtant, ces derniers partagent souvent les mêmes terriers que les blaireaux.
Protéger le troupeau
L’objectif n’est pas d’éradiquer la faune sauvage, mais de réduire la densité de population pour limiter les risques de contact. Pierre Diharce, éleveur membre de Behi Taldea, résume bien l’enjeu : “Si les vaches ne croisent que trois blaireaux au lieu de 15, on diminue déjà le risque de contamination.” Le blaireau est un animal sédentaire pouvant vivre jusqu’à 15 ans. Une femelle blaireau met bas une fois par an d’une portée de deux ou trois petits. Ces petits resteront au terrier avec leur mère durant une année. Moins il y a de nuisibles dans les pâtures, plus le troupeau est en sécurité.
Un cadre légal strict
Le président de l’association insiste, le piégeage doit se faire dans le respect de la réglementation en vigueur. Il est interdit de piéger sans être titulaire de l’agrément piégeur. La formation dure deux jours (deux samedis), sans examen final. Par ailleurs, une autorisation administrative est nécessaire. Une délégation du Lieutenant de Louveterie doit faire une déclaration en mairie et mettre son numéro d’agrément sur les collets. Le piégeage n’est autorisé que dans les communes classées « zones à risque » ou « zones complémentaires de piégeage ». ELB transmettra par mail à ses adhérent·es la liste actualisée des communes dont le piégeage est autorisé sous condition.
Déclarer pour exister
L’association des piégeurs a mis en place une attestation des dégâts de la faune sauvage. Behi Taldea encourage les éleveur·ses à remplir ce document et à l’envoyer à l’association des piégeurs. EHLG et l’AFOG peuvent vous aider à compléter ce document à l’occasion de votre rendez-vous déclaration PAC. Vous pourrez également vous rapprocher d’ELB si vous le souhaitez. Il est crucial de signaler les dégâts occasionnés par les nuisibles. Ces remontées terrain sont les seules preuves permettant de faire contrepoids face à l’administration et d’exiger des moyens de lutte à la hauteur des enjeux.
Patxi Doyharçabal, éleveur bovin
« Je suis associé avec mon épouse Maryse sur la ferme Itsasmendi à Senpere. Nous élevons des vaches de race Limousine et cultivons des arbres fruitiers.
La tuberculose a déjà touché notre troupeau. Nous avions dû abattre 26 de nos 100 têtes. Je me suis décidé à passer l’agrément piégeur afin de pouvoir être acteur dans la protection de mon troupeau et ne plus subir cette maladie et le protocole sanitaire qui l’accompagne.
Ces deux journées de formation ont été bénéfiques pour apprendre les bases et les techniques de piégeage. Dans un premier temps, j’ai commencé par piéger les ragondins, très nombreux autour de notre ferme. Ils mangent beaucoup d’herbe et creusent des trous et fragilisent les berges. Les ragondins peuvent aussi transmettre la maladie de la leptospirose. De fil en aiguille, j’ai commencé à piéger le blaireau. J’ai pu piéger deux blaireaux que j’ai fait analyser au laboratoire. Les tests se sont avérés négatifs.
Le blaireau est le principal incriminé dans la contamination de la tuberculose. Les maladies apparaissent lorsque que nous sommes face à une sur-densité de la faune sauvage. J’ai ainsi réalisé l’importance d’agir pour maîtriser autant que possible la population de nuisibles. Cela demande une implication importante, d’abord pour poser les pièges, puis la surveillance quotidienne qui nous prend environ 1h30 par jour. Nous considérons cette tâche comme une autre pour notre élevage.
L’échange organisée par Behi Taldea avec Benoit Soulat a été pour nous très intéressant car nous avons pu avoir davantage de conseils et d’astuces techniques pour un piégeage plus efficace et de fait, plus concluant. »
