Biriatu
“Il s’agit d’une plante millénaire”

Adrien Arruebarrena dute ekoizpenean plantatu da Biriatun eta Hendaian, Abegia etxaldea sortuz. Mintegia garatu du ere bai, dute ondoak saltzeko.
Comment t’es-tu installé ?
Je me suis installé à Biriatou en culture de thé il y a deux ans. En fait, c’est toujours compliqué de choisir la date d’installation, certain·es disent que c’est le Siret qui fait foi, d’autres le terrain. J’ai fait le choix de commencer les démarches tôt pour enregistrer l’entreprise, et ça a pris neuf mois auprès de la MSA pour avoir le droit d’exploiter ici. Cette parcelle était avant considérée au niveau du cadastre comme une forêt, même si c’est une clairière. Ça a été administrativement long pour changer la nature cadastrale du terrain et m’installer.
La première année, j’ai donc fait un travail principalement administratif et de recherche de foncier, parce que cette parcelle à Biriatou, de 2000m2, n’était pas suffisante. J’ai finalement répondu à l’appel à projet de la mairie d’Hendaye et j’y ai récupéré une parcelle lors du départ de Patrick Larrondo, sur le domaine Legarralde. Au final, j’y ai obtenu 2500m2. Nous sommes quatre sur cette ferme de 11 hectares, chacun·e installé·e individuellement : Laurent Lescoulié, en porcs et volailles, Édouard Stienne et Anne-Laure Cabrol en maraîchage, et moi. Je n’y ai pas encore planté mes théiers car nous sommes toujours sur un bail précaire et nous attendons un bail plus solide, qu’on nous a promis à l’automne. En attendant, j’y ai préparé les implantations, analysé la terre, et nous avons participé à un projet avec des scolaires d’Hendaye et l’association Arbre et Agriculture. J’ai pu planter une grande haie diversifiée me protégeant du vent.
Pourquoi t’es-tu installé en production de thé ?
J’ai toujours été consommateur de thé depuis petit, lorsque mon amatxi me préparait le goûter. Le déclic est venu lorsque ma compagne a travaillé dans une boutique de thé à Bayonne. C’est là que j’ai appris et connu l’univers du thé, que j’ai apprécié toutes ses couleurs et la culture qu’il y a derrière. Lorsque j’ai su qu’il existait des productions bretonnes et réunionnaises, j’ai voulu aller visiter ces fermes. J’ai donc fait du Wwoofing dans Le Perche et j’y ai vu la plantation et la transformation. C’est comme ça que je suis rentré dans le milieu et que j’ai découvert que ça se faisait aussi au Pays Basque. J’ai ensuite fait mon BPREA et mes premiers essais de semis. J’ai adoré le volet pépinière et j’ai pu faire un stage dans quasiment chaque production végétale : en maraîchage, en pépinière, en arboriculture, en PPAM. J’ai aussi fait mon stage chez Mikel Esclamadon à Ustaritz et j’y ai travaillé durant les récoltes.
Que produis-tu ?
Mes théiers, plantés à Biriatou, sont encore jeunes et ne produisent pas encore. Mais comme j’ai développé mon intérêt pour cette plante par le semi et que j’ai aimé travailler la reproduction, je fais aussi pépinière de plants de théiers que je vends à des particuliers. J’aimerais par la suite développer mon activité vers un public professionnel, une fois que j’aurai l’agrément pour.
J’aimerais aussi aromatiser mes thés. C’est la raison pour laquelle j’ai planté des PPAM sur la parcelle de Biriatou, de la verveine, mélisse, basilique, menthe, souci, tagette pour avoir trois gammes : une gamme thé à la menthe, une aux fruits rouges, et une aux agrumes. J’ai aussi planté deux variétés de cassissiers. C’est aussi une façon de s’adapter à la demande et aux habitudes de consommation.
Quand est-ce que les théiers vont entrer en production ?
Tout dépend si le plant provient de semis ou de bouturage. J’ai planté mes théiers l’année dernière. Certains sont issus de semis que j’ai fait moi-même, d’autres que j’ai acheté en bouture. Finalement, ceux que j’ai reproduis moi-même, même en étant deux à trois ans plus jeunes, sont quasiment de la même taille. Il faut donc se rendre compte de la vigueur de certains plants et ne pas faire de généralité. Les plants issus de semis peuvent commencer à être récoltés deux ans après. La plante grandit d’année en année et à chaque fois qu’on la taille, elle s’étoffe en faisant des ramifications axillaires. Il faut environ cinq ou six ans pour avoir une production maximale.
Ce que j’adore avec le thé, c’est qu’il s’agit d’une plante millénaire, qui a voyagé dans l’espace et le temps et qui a su s’adapter. C’est une très vieille plante que l’on voit partout dans le monde, au bord de l’océan comme dans les montagnes. Elle s’adapte, mais il faut aussi faire la différence entre les deux variétés. Ici, on plante toutes et tous la variété Sinensis. La variété Assamica est plus adaptée à un climat tropical. Avec le changement climatique, on on attache plus d’importance à l’ajout d’arbres compagnons pour apporter de l’ombrage, car c’est une plante qui n’aime pas trop la chaleur et elle souffre beaucoup à partir de 35 degrés. On se demande à quel point elle s’adaptera au vu des températures qui augmentent.
