Formation
VIVEA : UNE ATTEINTE AU DROIT A LA FORMATION

VIVÉA fondoaren diru murrizketengatik, formakuntza ainitz ezeztatuak dira,
formakuntza eskubidea zalantzan ezarriz.
Cela devait être un problème temporaire en fin d’année dernière, cela est devenu un problème structurel pour toute l’année à venir. Alors que le fonds VIVÉA annonçait à l’automne une restriction des financements de formations pour fin 2025, le budget alloué pour 2026 accuse de sérieuses coupures budgétaires. L’une des problématiques soulevée par les paysan·nes comme par les organismes de formation est surtout la manière dont les choix sont faits afin de prioriser les formations qui seront financées. En effet, pour tenir compte d’un budget contraint, les élu·es des comités VIVÉA ont défini des priorités sur les financements régionaux afin de pouvoir intervenir jusqu’à la fin de l’année.
Dans une lettre du 17 février adressée à la direction du fonds, les membres du Pôle InPACT, composé de dix structures nationales, ont exprimé une préoccupation sur l’accès à la formation de leurs adhérent·es et un besoin de transparence sur les montants alloués à la formation afin de pouvoir se projeter dans les prochains mois.
Priorités des formations
Dans un courrier adressé aux organismes de formation en date du 12 mars, la Délégation Sud du fonds VIVÉA a indiqué ne pas pouvoir prendre en charge l’intégralité des demandes de financement reçues. À ce titre, seule une partie restreinte de ces formations est acceptée, selon des critères spécifiques.
Ainsi, un grand nombre de formations ont été tout bonnement refusées, à l’instar des formations techniques en production végétale et animale d’EHLG. Ces demandes de financement n’entraient pas “dans le cadre des priorités définies par le comité VIVÉA régional en cas de d’insuffisance de crédits pour cette session”. “Les priorités sont définies par région, mais elles varient d’une session à l’autre. Quelle structure peut maintenir ses activités sans aide financière ?” s’interrogent Maider Larrieu, salariée d’EHLG et responsable des formations VIVÉA.
Le cadencement mis en place par les comités régionaux d’une session à l’autre vient alors mettre à mal la capacité organisationnelle des structures. “Le pire est de ne pas savoir comment cela va se dérouler le reste de l’année. Que les règles changent d’une session à l’autre n’est pas compatible avec notre travail” s’inquiète Frantxina Laborde, animatrice en développement économique à l’APFPB.
Le droit à se former
Durant le Conseil d’Administration extraordinaire du fonds, le 9 mars dernier, le vote du budget rectificatif a été adopté et certains chiffres donnent déjà le ton : sur 28,5 millions d’euros de formations déjà engagés et réalisés durant le premier trimestre 2026, 5,3 millions d’euros de dossiers ont été refusés, soit 2 112 dossiers et 4 millions d’euros de dossier annulés. En plus de cela, une nouvelle donnée vient également contrarier le budget déjà réduit pour l’année 2026 : les formations Certiphyto qui vont accaparer près d’un cinquième du budget. Sur un budget de 55 millions d’euros d’achat de formation, 10,2 millions d’euros vont partir pour cela. Une entaille bien profonde dans la possibilité déjà restreinte de se former pour les paysan·nes. “Ce qui vient mettre en exergue la situation de crise, rapporte Frantxina Laborde, c’est que des paysan·nes en viennent à remettre en question leur possibilité à se former compte tenu d’une enveloppe réduite. Ça n’est jamais arrivé jusqu’à présent.”
De son côté, la Confédération Paysanne dénonce une logique de tri subi par des restrictions budgétaires, qui a un impact lourd sur le droit à la formation des paysan·nes, mais aussi le risque de la perte de diversité dans les formations que financent le fonds.
Si VIVÉA admet que la situation risque d’être compliquée sur toute l’année 2026, elle insiste auprès des organismes de formation sur le dialogue à mener auprès des élu·es régionaux quant à la priorisation des formations. Ces priorités sont pourtant établies en fonction d’une politique budgétaire nationale. La prochaine session VIVÉA pour la Nouvelle-Aquitaine a lieu le 2 avril (cet article a été rédigé le 31 mars). À voir quelle priorité sera donnée au droit à se former des paysan·nes.
