Biltzar Nagusia
LES PAYSAN·NES COMME MOTEUR,
LE SYNDICAT COMME BOUSSOLE

ELBk bere biltzar nagusia antolatu zuen apirilaren 24an.
Bilana egin eta, aukera izan zen sanitarioaren kudeaketa aipatzeko.
L’assemblée générale annuelle d’ELB s’est déroulée le vendredi 24 avril. Avec la présence d’une cinquantaine de paysan·nes, le syndicat a procédé à la cérémonie habituelle : bilan de l’année, travaux des différentes commissions, comptes… Chaque année portant avec elle son lot d’actualités et d’urgences agricoles, cette assemblée a été aussi l’occasion de débattre, en présence d’un des porte-paroles de la Confédération Paysanne Stéphane Galais, de la situation sanitaire actuelle en matière de gestion de la DNC.
Après le débat, ELB proposait la dégustation d’un kebab paysan, premier test avant une possible inauguration à Laborarien Xokoa.
Une année de colère
Alors qu’une majorité de paysan·nes d’Iparralde a renouvelé sa confiance dans le syndicat paysan lors des élections professionnelles agricoles du début d’année, le travail n’a pas manqué pour ELB. Les éleveur·ses bovins, à peine la tête relevée de la crise de la tuberculose l’année passée, ont subi de plein fouet la politique sanitaire de la DNC, faisant planer sur les fermes la menace d’un abattage total. Pour autant, les mois de mobilisation et de défense des paysan·nes ont prouvé la ténacité du syndicat, qui défend, comme la Conf’, la déclassification de la maladie au niveau européen, gage d’une révision du protocle sanitaire et la fin du “dépeuplement” des bovins et des paysan·nes.
Une autre actualité a par ailleurs crystallisé l’inquiétude et la colère des paysan·nes : le passage en force par l’Union européenne de l’accord de libre-échange avec les pays du MERCOSUR. Cet accord, massivement rejeté par l’ensemble de la profession agricole mais aussi de la société civile, entérine la marchandisation de la paysannerie, à l’image de l’expression “des voitures contre du bétail” prédite par la Conf’. La journée de blocage du port de Bayonne en janvier dernier a ainsi permis de tisser de plus forts liens avec les syndicats agricoles alliés à ELB, la Conf’ du Béarn, celle des Landes, ainsi que le Modef des Landes.
Malgré de larges mobilisations, l’accord UE-MERCOSUR entre en application provisoire ce
1er mai 2026, avant même que la Cour de justice de l’Union européenne ait rendu son avis sur sa conformité avec le droit européen.
Des commission dynamiques
Cette année encore, les différentes commissions d’ELB ont poursuivi sans relâche leur travail. Landare Taldea a fait un bond dans la défense des intérêts des producteur·ices végétaux avec la création d’un poste technique en arboriculture, en collaboration avec EHLG et BLE. Elle travaille aussi à la création prochaine d’un poste technique en maraîchage. La commission a réussi par ailleurs à obtenir une augmentation du plafond de l’aide Errekagri pour l’installation de bassins pour les producteur·ices en systèmes diversifiés, passant l’aide à 40 000€ et subventionné à 60%. Enfin, une enveloppe spéciale de 500 000€ a été ouverte par la Région pour les sinistré·es de la tempête Nils, dans le cadre de l’appel à projets PCAE 2026 maraîchage.
Suite au travail de la commission petites fermes, un bilan positif a été dressé des deux dispositifs Aides au Maintien Petites fermes et Aides à l’Installation petites fermes obtenus auprès de la CAPB. Voulant porter à plus grande échelle cette aide, la commission a travaillé à publiciser le disposif et en a fait une présentation lors de l’AG de la Conf’ Nouvelle-Aquitaine en mars 2026.
Afin de porter la voix des paysan·nes du Pays Basque, les membres de Gazte taldea ont créé un podcast, Etxaldez Etxalde. Déjà deux épisodes sont en ligne et d’autres en préparation, trouvables sur le nouveau site internet du syndicat.
En élevage aussi les paysan·nes ont eu fort à faire. La commission ovine s’est particulièrement mobilisée pour les élections de l’Ossau-Iraty l’automne dernier. La liste Sormarkarentzat a mené une campagne importante pour défendre une AOP forte, garante d’un produit de qualité et de sa valorisation, face aux tentatives de fragilisation de cet outil qui protège les éleveur·ses. Ardi taldea continue de mener un travail syndical conséquent pour des prix du lait plus justes et une réelle différence par rapport au lait non-AOP.
La commission volaille dresse aussi un bilan fort de l’expérimentation sur l’élevage plein air. Le travail de fonds d’ELB et de la Conf’ a permis de recenser les pratiques sanitaires des fermes plein air pour évaluer scientifiquement leur efficacité vis-à-vis des risques et de permettre des évolutions réglementaires. Une délégation d’ELB a participé au séminaire de conclusion de l’expérimentation à Paris. Le travail se poursuit.
Ouvrir la voie
Si le protocole d’abattage total en matière de DNC, n’a toujours pas été révisé, la Conf’ et ELB restent fermes dans leur opposition à cette stratégie sanitaire mortifère pour les paysan·nes. Stéphane Galais, éleveur en bovin lait et transformation à la ferme en Ille-et-Vilaine, est porte-parole de la Conf’ Nationale. Invité par ELB pour cette assemblée générale, il a fait part à l’auditoire de la stratégie adoptée par le syndicat, faisant face à une co-gestion par l’État et la FNSEA. Mais pour lui, “La Commission européenne commence à réfléchir à assouplir la stratégie parce qu’elle se rend bien compte que le réchauffement climatique amènera de nouvelles crises, comme la peste équine par exemple, qui elle aussi est classifiée A, “à éradiquer”. Lorsqu’il faudra tuer Pompon, Caramel et Pikatchu dans un centre équestre, ce ne sera pas la même acceptabilité sociale que pour les bovins”. Une brèche dans laquelle le paysan invite à s’engouffrer.
La Conf’, comme ELB, tentent de tenir une ligne qui ne divise pas en faveur de l’élevage, de sorte que les stratégies sanitaires n’accélèrent pas la disparition des paysan·nes. Cette soirée aura permis à ELB de conforter sa position vis-à-vis de la gestion sanitaire : une ligne de crête contre l’abattage total et pour une autre gestion de la maladie, défendant l’accès à la vaccination pour celles et ceux qui le veulent.
