Armendaritze
Noémie Pallares :
« Je produis de façon très diversifiée »

Noémie Pallares baratzegintzan plantatu da, Xotildeian, Armendaritzen.
Ekologikoan eta dibertsifikatuan ekoizten du, eta zuzenki saltzen.
Peux-tu te présenter ?
Je suis Noémie Pallares. Je me suis installée en maraîchage diversifié en agriculture biologique en janvier 2024 à Armendarits. Après avoir fait un bac scientifique dans un lycée agricole et un BTS en productions animales en apprentissage, j’ai trouvé du travail chez Jean-Michel Urruty à Armendarits. J’y ai travaillé pendant trois ans et demi jusqu’à ce que Jean-Michel, qui souhaitait réduire son activité, nous propose à deux collègues et moi de nous installer. J’avais projeté de m’installer un jour, mais pas aussi tôt. Finalement, nous étions trois en même temps à faire le parcours d’installation et nous sommes passé·es par un parrainage. Je me suis donc installée en location, ce qui était rassurant pour moi puisqu’il n’y avait pas beaucoup d’investissements et que les serres et les cultures étaient déjà en place.
Peux-tu présenter ta ferme ?
Je loue en tout 75 ares, 1800 m2 de serres et le reste en plein champ, et chez moi j’ai le complément pour déclarer pile un hectare. J’ai une grosse surface pour moi seule, avec beaucoup de serres, ce qui me permet d’être confort pour produire même aux inter-saisons. Pour le plein champ, je tourne sur cinq blocs pour pouvoir faire les rotations.
Pour le système, j’essaye de travailler le sol le moins possible ; je travaille juste avec une petite herse
rotative et des disques des fois si besoin. Je travaille beaucoup avec des toiles tissées, comme ça c’est presque toujours couvert, ce qui fait qu’il y a peu d’enherbement. J’avais commencé à travailler sans ces bâches car je pensais réussir à désherber, mais finalement je ne pouvais pas tout faire seule. J’ai donc fini par investir dans des bâches et je fais beaucoup de cultures sur toiles tissées. Il n’y a que les semis directs que je ne fais pas comme ça.
Que produis-tu ?
J’aime beaucoup faire de la carotte, j’en ai presque toute l’année. C’est un légume qu’on ne produisait pas trop avec Jean-Michel et finalement ça marche bien, les gens aiment. Sinon, je produis de façon très diversifiée, ça demande de l’organisation mais ça permet aussi de proposer une belle diversité aux client·es. Et puis même, ça permet quand tu loupes une culture de pouvoir la remplacer sans trop de stress.
Comment t’organises-tu ?
J’ai deux rythmes : celui de l’été et celui du reste de l’année. L’été, je fais quatre récoltes par semaine, notamment avec tout ce qui n’attend pas et qu’il faut donc récolter en suivant. Le reste de l’année, je récolte le lundi pour les paniers, le mercredi et le jeudi pour l’Amap et le marché. J’ai donc deux jours et demi de récolte et de préparation, une journée presque entière pour le marché, et le reste au champ. C’est vrai qu’à partir d’avril je n’ai plus vraiment de week-end et qu’il faudrait presque quelqu’un d’autre avec moi, puisqu’il y a plus de légumes et donc plus de travail. Même si j’aime travailler seule, j’ai aussi beaucoup de travail. C’est aussi pour ça que je vais embaucher un saisonnier en 20 heures à partir de mi-juin jusqu’à mi-octobre, pour avoir un peu d’aide.
Pour les plants, je fais moi-même les épinards, les petits pois et les citrouilles, mais sinon je prends tout chez Claire Birebont qui est maintenant installée à Isturits, avec qui j’avais travaillé chez Jean-Michel et qui a pris sa suite en même temps que moi.
Pour la vente, je fais tout en direct : des paniers de légumes en Amap à Ascain et à domicile, quelques petites commandes en particuliers et un marché le vendredi matin à Biarritz. Depuis que je fais le marché, je suis beaucoup plus épanouie sur la ferme. Il y a une bonne ambiance et je sens que les gens sont contents qu’il y aient des maraîcher·es, ça permet d’avoir des retours et il y a un bon lien avec les autres producteur·ices.
Avec ces fortes chaleurs vient le sujet de l’irrigation, notamment pour vous les maraîcher·es.
Comment ça se passe pour toi ?
J’ai l’avantage que le stockage de l’eau avait déjà été pensé et qu’il y a donc des cuves sur la ferme. Elles sont de petite contenance mais elles permettent de récupérer l’eau et sont aussi reliées à un forage sur la parcelle. Je réussis à irriguer presque toute l’année et il y a juste l’été, quand il fait vraiment sec, que je dois ouvrir l’eau de ville au maximum durant un mois.
J’ai de la chance de ne pas être dépendante de l’eau de ville. Sinon, tu te poses vite la question de savoir si tu dois arroser pour sauver la culture ou si tu économises de l’argent en la laissant tomber.
« Le maraîchage est plutôt bien vu de la part des éleveur·ses. Ça reste de l’agricole et c’est ce qui nous lie. »
Noémie Pallares
Quel regard as-tu sur le maraîchage au Pays Basque ?
Je trouve qu’il y a pas mal d’entraide, même entre les éleveur·ses et les maraîcher·es. Finalement, le maraîchage est plutôt bien vu de la part des éleveur·ses. Ça reste de l’agricole et c’est ce qui nous lie. Je me suis sentie bien accueillie à mon installation. Ce qu’on peut voir de temps en temps, c’est de l’ignorance par rapport à notre métier, mais ce n’est pas négatif, les gens se posent des questions mais ne nous jugent pas forcément. Je me sens bien inclue dans la vie paysanne de mon village et des alentours. Et même par rapport à la clientèle, il y a pas mal de mes voisin·es qui prennent mes paniers et même les plus âgé·es ; iels jouent le jeu et c’est chouette.
