Aiherra
Xalbat Duhalde :
« J’aime batailler sur la ferme »

Xalbat Duhalde-k bere ottoaren segida hartu du eta bere aitarekin plantatu da Aiherran,
Xedarria etxaldean, ardi, behi eta xerriekin.
Peux-tu te présenter ?
Je suis Xalbat Duhalde, d’Aiherra. Je vais avoir 21 ans. J’ai intégré officiellement le GAEC de notre ferme en janvier dernier, Xedarria, pour le moment avec mon père. J’ai fait un BAC Pro CGEA au lycée Frantsesenia, puis un BTS productions animales en apprentissage à Hasparren, en alternance sur la ferme de Antton Uhalde à Makea. J’ai terminé mes étude en septembre dernier. Suite au départ en retraite de mon oncle, mon père a fait une prolongation de GAEC en 2025, puis je l’ai rejoint en octobre en tant qu’aide familiale pendant trois mois, avant de prendre officiellement la suite de mon oncle.
Comment se passe la transmission ?
Ça se passe très bien. C’était naturel pour moi de reprendre la ferme : j’ai toujours fait ça, toujours baigné dedans, j’aime prendre soin des animaux, batailler à la ferme…
On a une quarantaine d’hectares pour 190 brebis têtes rousses à la traite, une dizaine de vaches et une douzaine de cochons Kintoa, pour valoriser le petit lait. On transforme la totalité des 26 000 litres de lait que l’on produit, pour faire entre 3 et 4 tonnes de fromage environ dans une campagne, qu’on emmène au saloir d’Uhart-Cize. Cette année, on a aussi commencé à faire des yaourts. On est adhérents à la CUMA Xuhito et de manière générale, on transforme tout. Pour le porc, on fait des caissettes de 5 kg et des conserves (pâté, chichon, boudin). Pareil pour les veaux et les agneaux que l’on vend en colis ou transformés.
Tu travailles sur la partie transfo ?
Pas spécifiquement car on a aussi une apprentie qui y passe du temps, mais on y est tous·tes plus ou moins. Comme elle n’est pas là le week-end par exemple, on prend le relais avec mon père. Mon oncle, même s’il est parti à la retraite, continue aussi à nous aider sur la transfo car il aime ça. Durant ma formation, j’avais 21 semaines de stages à faire et toutes les fermes dans lesquelles j’ai été transformaient. J’ai aussi fait un stage découverte avec Beñat Merle, berger sans terre à Irati, et avec Antton Urrizaga à Arnegi.
Comment se passe la commercialisation ?
On commercialise tout en vente directe, à la ferme. On est en démarche Idoki et Bio, sauf pour les Kintoa car il n’y a pas encore de naisseurs reconnus bio (même si dans les faits, ils sont élevés en plein air, tout comme en bio). On a commencé à faire le marché à Urrugne et on se déplace les week-ends pour faire des salons un peu partout en France. Cette année, on est aussi entrés à Xixtroak, le groupement de producteur·ices en ligne.
Quel est le système de la ferme ? Vous êtes autonomes ?
On achète juste de la luzerne et un peu de maïs en fin de saison. Sinon, on a environ trois hectares de maïs. Grâce à la montagne, on est autonomes en foins et regains. On fait partie d’un groupement de cinq éleveurs d’ici, qui s’appelle Artzain. On emmène environ la moitié de notre troupeau de brebis à partir du 9 juin dans les Hautes-Pyrénées, à Villelongue, où l’on a une cabane. Sur place, le groupement emploie deux bergères qui font le gardiennage. On y monte régulièrement, la plupart du temps pour quelques jours car c’est à 2h30 de route, puis 2 heures de marche. Sinon, la ferme est en agnelage de printemps : on met les béliers le 15 août environ et on commence la traite le 20 février.
D’un point de vue sanitaire, ça se passe comment ?
On a été bien touché par la FCO-8 l’année dernière, avec une vingtaines de brebis mortes. On ne voulait pas vacciner à l’origine, mais après ça, on a fait le choix de la vaccination et on n’a pas eu de nouveau cas depuis. Les brebis qui étaient à la montagne n’ont jamais été vaccinées et il n’y avait pas eu de cas non plus. Pour la DNC, on a fait le choix de suivre cette première campagne de vaccination. Avec les vaches à l’attache, on n’a pas eu de problèmes d’effets secondaires. Mais on n’a pas encore discuté de ce que l’on choisira de faire pour la suite.
« C’était naturel pour moi de reprendre la ferme : j’ai toujours fait ça, j’ai baigné dedans, j’aime prendre soin des animaux, et batailler à la ferme. »
Xalbal Duhalde
Tu prévois de faire des changements sur la ferme ?
Pas de grands changements non. Avec les aides à l’installation, pour faciliter le travail et aller un peu plus vite, je vais changer la machine de traite qui a 30 ans, pour en installer une avec décrochage. On va aussi agrandir un bâtiment pour faire une stabulation libre pour les vaches. Après, mon père part à la retraite dans quatre ans et je viens tout juste de m’installer : je ne sais pas encore comment je m’organiserai. Par exemple, s’il faudra prendre un·e salarié·e ou autre. En ce moment, on réfléchit à augmenter un peu les brebis à la traite et à vendre le surplus de lait. Mais vendre le lait, ce n’est pas le même revenu que fabriquer du fromage, donc quand mon père partira il faudra voir.
Niveau temps libre, tu t’en sors ?
Oui, on arrive bien à s’organiser. Je fais de la pelote dans le club d’Aiherra, Abarratia, et j’ai pas mal d’entrainements. Je suis aussi dans le bureau du comité des fêtes, ce qui prend du temps. Notamment, on organise principalement deux gros évènements : les fêtes du village et la soirée Freedom for Aiherra. Pour le temps libre, être à deux sur la ferme, c’est génial.
