Syndicat

Face au nouveau préfet,
ELB garde le cap
ELB Simon Fetet prefet berriarekin bildu da pasa den astelehean.
Aukera krisi klimatikoaren kontestuan sindikatuaren aldarriak berresteko laborantza herrikoiaren alde.
Cette fois-ci, le préfet n’a pas eu besoin d’enfiler les sur-chaussures pour visiter la ferme. Trop de sujets à l’ordre du jour : la table et les bancs sont déjà installés pour l’accueillir le lundi 28 septembre à Lohitzüne, sur la ferme de Julen Perez, porte parole du syndicat ELB. Accompagné du sous-préfet de Bayonne Mathieu Duhamel, des services de la DDPP et de la DDTM, Simon Fetet (récemment nommé à Pau), a fait le déplacement pour rencontrer les paysan·nes du syndicat. L’énarque, précédemment en poste dans les Deux-Sèvres, fait son arrivée dans un contexte très tendu pour l’agriculture au Pays Basque, entre dérèglement climatique, actualité sanitaire menaçante et difficultés multiples pour les filières. Des représentant·es des commissions d’ELB étaient présent·es sur place pour porter leurs revendications.
Plan d’urgence
Alors que les conséquences catastrophiques des canicules et de la sécheresse continuent de s’abattre avec violence sur les fermes, les paysan·nes du syndicat ont de nouveau dénoncé la faiblesse du plan “d’urgence” C.A.S.I mis en œuvre par le gouvernement. “L’ensemble du plan est un saupoudrage qui n’est pas à la hauteur de la gravité de situation” réitère ELB dans son communiqué suite à l’échange avec la préfecture. Le dégrèvement de taxe foncière, l’exonération de cotisation MSA (seulement 20 millions pour tout l’hexagone), ou les seulement 28 % d’indemnisation si les pertes de récolte ne sont pas assurées et sont de plus de 30 % pour les prairies et l’arboriculture et de plus de 50 % pour les autres (ISN), sont bien en deçà des besoins, alors que les fermes sont dans une situation critique. Pire, des budgets significatifs sont fléchés vers l’achat d’engrais azotés (145 millions, une mesure qui profite in fine aux industriels qui spéculent plutôt qu’aux paysan·nes) et une aide sur le GNR (106 millions)… Le gouvernement n’abandonne donc pas l’agro-industrie. Ce plan témoigne de l’échec de la politique de privatisation de l’indemnisation des calamités agricoles, alors que les contrats proposés par les assurances sont inadaptés, voire inexistants pour les productions végétales diversifiées.
Les discussions se sont rapidement portées sur les 2,5 M d’€ du “fonds de réarmement” que le préfet a la charge de répartir dans le 64. La préfecture a fait le choix de venir en aide aux fermes en difficulté structurelle, faisant preuve d’un excédent brut d’exploitation (EBE) négatif ou d’une urgence psychologique lors des années précédentes. “Ce plan, par sa faiblesse, n’a donc rien d’une aide d’urgence face à une situation climatique sans précédent qui touche l’ensemble des paysan·nes !” relève ELB. Finalement, 20 à 30 % des fermes toucheraient hypothétiquement jusqu’à 1600€ selon des critères encore non précisés (article rédigé le 29/09). Reste à savoir comment sera répartie l’aide annoncée par le département 64.
“L’ensemble du plan est un saupoudrage qui n’est pas à la hauteur de la gravité de la situation”
Tour d’horizon
Ces réunions officielles sont l’occasion pour le syndicat de se faire connaître du représentant de l’État et d’instaurer une relation de travail pour son temps en office. Sur la filière ovine, ELB a souligné la nécessité du maintien d’une AOP forte, garante du prix du lait et du revenu des éleveurs·ses. Les inquiétudes sur le développement des races exogènes, risque majeur pour la filière, ont été abordées. En matière sanitaire, il a été dénoncé la violence et le non-sens des abattages totaux qui menacent la survie de l’élevage plein air. En réponse, le préfet s’est remémoré l’abattage total dont son voisin éleveur avait été victime, lui donnant un aperçu du traumatisme imposé aux paysan·nes. ELB a plaidé pour la mise en œuvre systématique de protocoles alternatifs adaptés au terrain, sur lesquels le syndicat travaille continuellement : “il est impératif de changer structurellement de stratégie sanitaire” ont insisté les paysan·nes.
Le manque cruel de soutien aux productions végétales diversifiées, qui produisent pourtant localement une alimentation essentielle a été souligné. La forte inquiétude sur les problématiques d’accès à l’eau et de vulnérabilité aux aléas climatiques de la filière ont été abordé : “l’État doit absolument intervenir pour éviter des arrêts d’activités” a-t-il été expliqué à un préfet “sensible” à ces questions, des membres de sa famille étant maraîchers. Les paysan·nes ont également défendu leurs positions sur la prédation, le foncier ou encore les systèmes d’indemnisation. “ELB restera mobilisé pour défendre l’agriculture paysanne et ses travailleurs·ses en Iparralde” conclut le syndicat.
