Communiqué de presse
UE-MERCOSUR :
74 COMMUNES D‘IPARRALDE APPELLENT À BLOQUER L’ACCORD

Urrugne, le 19 février 2026
Le mois dernier, la présidente de la commission européenne Ursula Von Der Leyen est de nouveau passé en force, avec la signature de l’accord le plus contesté de l’histoire de l’UE. Faisant fi de l’opposition massive à ce modèle d’économie mondialisée, les dirigeant·es européen·nes s’obstinent dans leur dogme du libre-échange, au mépris des paysan·nes, des citoyen·nes et de l’environnement.
Cette politique mortifère nous concerne tou·te·s : il s’agit de l’avenir de notre alimentation et de notre santé, de la vie dans nos campagnes et de notre environnement.
Par exemple, alors qu’au Pays Basque, la filière bovine est déjà fragilisée par des politiques sanitaires écrasantes, l’importation de 99 000 tonnes de viandes bovine annuelles à des prix très bas constituerait une concurrence déloyale à laquelle les éleveurs·ses ne peuvent pas faire face. Au Brésil, le salaire minimum est d’environ 1 euro de l’heure, contre presque 10 en France ! Voulons-nous nous nourrir de bœuf élevé aux hormones venant de l’autre bout du monde, alors que nous produisons localement une viande de qualité, qui fait vivre les paysan·nes et entretien les paysages ?
Cet accord doit impérativement être enterré : les clauses de « sauvegarde » brandies par l’Europe et le gouvernement français ne sont qu’un paravent qui ne changent rien à la délocalisation de nos productions.
74 maires et conseils municipaux en Iparralde l’ont compris. À l’appel d’ELB, ces mairies ont signé notre manifeste appelant les parlementaires européens à voter contre cet accord. Ces communes accrochent, à l’entrée de leur village, notre panneau « commune hors MERCOSUR-tik kanpoko herria ».
Les paysan·nes d’ELB sont aujourd’hui aux côtés de la commune d’Urrugne, signataire de notre manifeste. Philippe Aramendi, maire d’Urrugne, souligne : « Les Collectivités locales et notamment les communes ont un rôle important à jouer pour que nos citoyen·nes puissent exercer leur droit fondamental à une alimentation saine et locale. C’est ainsi qu’à Urrugne nous avons créé une cuisine municipale accolée à une ferme maraîchère. Par ailleurs, nous conventionnons avec nos paysan·nes locaux·les pour l’approvisionnement de cette cuisine en produits de saison bio. Cela nous permet d’alimenter sainement les jeunes de nos écoles publiques et de notre Centre de loisirs. Nous comptons étendre cette offre à nos aînés, à nos agents municipaux et aux salarié·es de certaines entreprises locales intéressées. Le premier médicament que l’on consomme doit être notre alimentation. »
ELB appelle toutes les communes du Pays Basque qui n’ont toujours pas pris position à se manifester : elles sont pourtant pleinement concernées par les conséquences de l’implémentation du MERCOSUR. Que signifie leur silence ?
Par ailleurs, à l’approche des élections municipales, nous appelons les listes candidates à se positionner sur le sujet. Il s’agit de l’avenir agricole du territoire qu’elles prétendent administrer. Quelle agriculture les candidat·es défendent-ils·elles dans le cadre de ce mandat ?
Il faut qu’on soit aujourd’hui plus nombreux·ses à être du côté des paysan·nes
Philippe Aramendi, maire d’Urrugne
Considérant que,
- L’accord de libre-échange UE-MERCOSUR représente un grave danger pour le marché agricole européen, français et basque avec un déficit commercial agricole négatif.
- L’accord de libre échange UE-MERCOSUR témoigne d’une concurrence déloyale qui déstabiliserait profondément les filières agricoles concernées (notamment au Pays basque les filières bovines, volailles et du miel). Les coûts de production en Amérique latine sont en effet très inférieurs à ceux européens.
- Les clauses de sauvegarde proposées par la Commission européenne sont un paravent et n’empêcheront pas la concurrence déloyale. Conjoncturelles, ces clauses sont limitées dans le temps et ne remettent pas en cause la hausse des importations et la délocalisation des productions.
- Les accords de libre-échange ont pour effet de tirer les prix vers le bas, dans un contexte où les paysan·nes européen·nes souffrent de revenus particulièrement faibles.
- L’accord de libre-échange UE-MERCOSUR aura pour effet de faire pression à la baisse sur les normes environnementales, alors que la biodiversité et les écosystèmes sont déjà considérablement fragilisés par l’activité humaine.
- Dans un contexte de dérèglement climatique planétaire, le maintien de paysan·nes produisant localement une alimentation saine est primordial.
- Les paysan·nes participent activement à la vie rurale et ont un rôle social qui doit être préservé.
Le syndicat ELB et les 74 communes signataires de notre manifeste :
→ S’opposent fermement à la ratification, par le président de la République Française, de l’accord UE-MERCOSUR.
→ Appellent le président de la République Française et les député·es européen·nes à bloquer la ratification de l’accord.
Les 74 communes signataires :
Ahaxe ; Ahetze ; Aicirits ; Ainhice-Mongelos ; Ainhoa ; Alçay-Alçabéhéty-Sunharette ; Alos-Sibas-Abense ; Amendeuix-Oneix ; Arberats ; Arhansus ; Armendarits ; Arrast-Larrebieu ; Arraute-Charritte ; Ascain ; Ascarat ; Ayherre ; Banca ; Barcus ; Bayonne ; Béhorléguy ; Bergouey-Viellenave ; Beyrie-sur-Joyeuse ; Bidarray ; Bunus ; Bustince-Iriberry ; Cambo-les-Bains ; Camou-Cihigue ; Caro ; Chéraute ; Espelette ; Esquiule ; Etcharry ; Gabat ; Gamarthe ; Halsou ; Hasparren ; Hélette ; Hosta ; Iholdy ; Ilharre ; Irissary ; Irouléguy ; Ispoure ; Itxassou ; Jaxu ; Juxue ; La-Bastide-Clairence ; Lacarry ; Laguinge-Restoue ; Larrau ; Lantabat ;Lichans-Sunhar ; Lohitzun ; Louhossoa ; Macaye ; Mendionde ; Musculdy ; Orègue ; Orsanco ; Ossas-Suhare ; Ossès ; Ostabat-Asme ; Pagolle ; Saint-Etienne-de-Baïgorry ; Saint-Martin-d’Arberoue ; Saint-Pierre-d’Irube ; Saint-Esteben ; Saint-Pée-sur-Nivelle ; Suhescun ; Uhart-Mixe ; Urepel ; Urrugne ; Ustaritz
