Lehuntze
« La formation cédant m’a permis de faire des choix »

Jean-Michel Caumont-ek EHLG-ko “cycle cédant” formakuntzan parte hartu zuen bere erretreta eta etxaldearen transmisioa prestatzeko.
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Pouvez-vous vous présenter ?
J-M.C. : Je suis Jean-Michel Caumont, j’ai 63 ans. J’ai fait ma carrière en double-activité, avec une petite ferme familiale que j’ai essayé de préserver. C’était la ferme de mes grand-parents, que mes parents m’ont transmis, étant fils unique. Il y avaient quelques vaches laitières que mes parents avaient conservées un temps et à côté des brebis viandes. J’ai continué avec les brebis et j’ai fait du maïs. Nous avons 13 hectares sur Lahonce et cinq sur Urcuit. Je voulais arrêter mon activité agricole pour pouvoir prétendre à la retraite et comme cela intéresse mon fils Xalbat de s’installer, j’ai suivi la formation cycle cédant avec Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG).
X.C. : Je suis Xalbat Caumont, j’ai 29 ans. Je vais reprendre la suite de mon père. J’ai toujours été baigné dans la dynamique de la ferme et j’ai toujours voulu la reprendre, même si je ne savais pas trop ni quand, ni comment. Comme aita voulait prendre sa retraite, cela a été l’occasion de se poser la question de ce qu’on allait faire de tout ce qu’on avait. Il m’a semblé que c’était le moment d’essayer et de voir si je pouvais en faire mon travail à plein temps. J’ai donc arrêté mon métier de magasinier-cariste pour me consacrer à ce projet. Je vais commencer un BPREA à la rentrée de septembre et cela va me permettre de voir ce qu’il se fait ailleurs et les possibilités de développer quelque chose ici.
Jean-Michel, comment s’est passé le cycle cédant ?
J-M.C. : J’ai suivi la session l’année dernière. J’en avais besoin car il y a très peu de paysan·nes autour de nous. C’est la dernière ferme de Lahonce, donc pour avoir un réseau et savoir comment font les autres, c’est plus difficile. J’étais donc à la recherche d’informations et la formation m’a beaucoup appris et m’a permis de faire des choix. Je me suis appuyé sur mon fils Xalbat qui souhaitait tout conserver. Si je peux l’aider, tant que j’en suis encore en capacité, j’aimerais le faire. C’est le bon moment et ça m’a permis de passer le cap.
La formation est très complète : aussi bien sur les liens avec MSA avec qui on est en contact direct, les questions notariales et juridiques auxquelles on ne pense pas tout le temps, les estimations de valeur de ce que l’on possède et dont on ne se rend pas toujours compte, et la transmission avec tout ce que cela comprend. Quand on participe à cette formation, on rencontre d’autres personnes qui finalement ont des fermes complètement différentes, mais avec les mêmes questionnements. On apprend aussi à s’écouter entre générations. De nos jours, il y a des jeunes qui bataillent pour essayer de s’installer, alors même parfois qu’ils n’ont pas de terre. On se rend compte qu’il y a un retour vers la terre. Depuis le début de l’année, Xalbat travaille sur la ferme. Il faut donc prendre du recul, lui laisser la place et accepter que les choses soient faites différemment. Ce dont on se rend aussi compte en formation, c’est qu’on se dévalue souvent, alors qu’on a aussi beaucoup de connaissances à transmettre.
“On ne peut pas penser à tout, tout seul, et le fait d’y réfléchir en groupe apporte beaucoup et permet de créer du lien”
Jean-Michel Caumont
Que retiens-tu de ce cycle cédant ? Un point fort ?
J-M.C. : Pouvoir passer des journées avec d’autres personnes autour de ce sujet permet de réfléchir soi-même, et permet petit-à-petit d’organiser la transmission. Il n’y a aucun risque à faire cette formation et chacun retire ce dont il a besoin. On apporte aussi beaucoup aux autres par notre expérience personnelle. Cela ouvre les yeux sur pas mal de choses. On ne peut pas penser à tout, tout seul, et le fait d’y réfléchir en groupe apporte beaucoup et permet de créer du lien.
Xalbat, comment te projettes-tu sur la ferme ?
X.C. : J’ai toujours été attiré par l’élevage. J’adore les brebis, mais on est limité en espace. Il faut donc voir ce qui est faisable. Je suis tous les jours à la ferme et aita me montre ce qu’il faut que je sache. J’aimerais augmenter le cheptel et pour ça faire une plus grande bergerie. J’ai aussi d’autres pistes, mais il faut explorer concrètement les possibilités en visitant d’autres fermes. On peut par exemple envisager un bâtiment de poules pondeuses plein air ou encore du porc en plein air. J’ai envie d’aller voir ce qu’il se passe ailleurs et j’ai encore tout à apprendre.
J’ai trouvé aussi la formation très intéressante et utile. Elle permet de comprendre les problématiques du cédant et combien ce n’est pas évident pour lui. Pour ma part, ça m’a conforté dans l’idée que j’avais vraiment envie de reprendre la ferme.
EHLG relance son cycle annuel de rencontres pour les paysan·nes qui souhaitent préparer leur retraite et la transmission de leur ferme. Vous êtes concerné·e? Bénéficiez de cinq rencontres, gratuites, à Ainhice-Mongelos. Infos et inscriptions : 05-59-37-18-82.
