Arboriculture
IDENTIFIER LES BESOINS
POUR STRUCTURER LES FILIÈRES

Laborariek bultzaturik, EHLG-k arbolgintzarako lanpostua sortu berri du,
fruitu ekoizpena eta sailak garatzeko Ipar Euskal Herrian.
S’il est conseillé de consommer au moins cinq fruits et légumes par jour, force est de constater que ceux-ci ne proviennent pas tous du Pays Basque. “En Iparralde, on importe 80% des fruits et des légumes consommés” rappelait Andoni Daguerre, maraîcher à Gamarte, lors d’une conférence de presse de la commission végétale d’ELB l’année dernière, afin d’interpeller les politiques publiques sur l’urgence d’agir et de soutenir les filières végétales du Pays Basque. Avec 244 hectares de SAU dédiée aux cultures fruitières (chiffres RGA 2020), la production est petite, mais en progrès sur le territoire et des paysan·nes en font aujourd’hui leur activité principale.
Courant 2022, l’étude de faisabilité d’un centre de ressources au Pays Basque pour les productions végétales par la Communauté d’Agglomération crée un espace de concertation avec les structures agricoles locales (EHLG, BLE, ELB) et des collectifs de producteur·ices (Gaztaina, Xapata, syndicat des cidres, producteur·ices de fruits à couteau). Ces réflexions, impulsées du terrain, ont abouti fin 2025 à la création d’un poste de technicien·ne en arboriculture, dans l’objectif d’accompagner les filières de la cerise, de la châtaigne, des pommes à cidre et des fruits à couteau en Iparralde, porté par Laborantza Ganbara et financé par l’Agence de l’eau et par la CAPB.
Identifier les besoins
Le réseau paysan bataille depuis longtemps pour la structuration des filières arboricoles. Certaines associations sont même anciennes, à l’image de Xapata qui existe depuis 1994. Pour autant, l’appui technique, par du conseil adapté aux problématiques dans chaque production, venait à manquer. C’est ce qu’ont identifié les paysan·nes et ce à quoi l’embauche de Joana Hoqui par EHLG, technicienne en arboriculture, vient répondre. Elle intervient auprès des paysan·nes membres des différents collectifs (Xapata, Gaztaina, producteur·ices de pomme à cidre et producteur·ices de fruits à couteau) afin de renforcer les filières et les dynamiques locales. Le premier comité de pilotage en avril dernier a ainsi permis de tracer la feuille de route de ses missions pour 2026. Les conseils de Joana seront exclusivement sur les pratiques biologiques.
Pour Elena Aguerre, référente pour les producteur·ices de fruits à couteau, cette embauche est bienvenue. “Peu de fermes vivent de la production de fruits et il n’existait pas ou peu de conseil technique jusqu’à maintenant. Même si on s’inspire de ce qu’il se fait ailleurs, il faut que l’on s’adapte aux réalités de notre territoire.”
S’adapter au territoire
Climat, variétés, ressource en eau, ravageurs… Le territoire d’Euskal Herri a beau être petit, ses disparités biologiques sont grandes. 59 vergers seront à visiter entre les quatre filières, regroupant une cinquantaine de producteur·ices autour du poste. Si certains sujets transversaux concernent toutes les filières (production de plants, conduite des jeunes vergers, récolte de données technico-économiques…), d’autres sont propres à chacune. Par exemple, la gestion du chancre du châtaignier, maladie cryptogamique entraînant une forte mortalité sur les jeunes vergers. Des tests seront réalisés dès cette année avec application de chancre hypovirulent : ce chancre inoffensif concurrence celui nocif jusqu’à prendre entièrement sa place et stopper les dégâts.
Des filières à soutenir
Le nombre de vergers progresse et les productions en fruits se structurent. Pour autant, ces dernières ne sont pas aidées et reconnues à hauteur de leurs besoins. En effet, les arboriculteur·ices ne bénéficient que de très peu d’aides de la PAC.
La faible ambition des pouvoirs publics pour soutenir l’arboriculture, comme le maraîchage, est grandement déploré par les paysan·nes. Dernièrement, les coupures budgétaires dans les fonds Vivéa, permettant aux paysan·nes de financer leurs formations, ont également impacté les actions mises en place dans le cadre de l’accompagnement des filières arboricoles.
